Allo la lune ? Ici Paris !

Ici Paris, 40 ans d’histoire

Ici Paris, 1980

Dès ses premières apparitions scéniques en 1978, le groupe Ici Paris a surpris les aficionados du rock plus habitués aux concerts à tendance cold, dark, révoltés ou engagée d’Oberkampf, de La souris déglinguée (avec qui il a souvent partagé la scène), de Kas Product, de Gogol 1er, d’Asphalt Jungle ou d’Edith Nylon.

Inspiré des New York Dolls (pour le look) et des Cramps (pour l’esprit) Shere Khan, son fondateur, signe des titres soutenus par la voix acidulée de Marie Al Kha Raz. Le groupe embarque son public dans un univers qui attise toute les curiosités : rock mâtiné de fiction  intergalactique, de monstres romantico-décadents et humour très séries B.

Le combo au rock joyeusement décalé connait son heure de gloire dès 1980 où il fait sa première TV, enchaîne les parutions dans la presse, assure les 1ères partie de Mink Deville à l’Olympia et des Ramones sur leur tournée française, enregistre le générique de « La brune et moi » (1980) de Philippe Puicouyoul avec Pierre Clémenti et jouent dans « Haltéroflic » de Philippe de Vallois.

Deux disques sortent durant cette période : Souris/Centre du Monde (1980) et Allo le monde… Ici Paris (1982). Sur ce dernier, Vincent Palmer (Bijou) prête main-forte à Shere Khan tandis que Maxime Schmitt (producteur de Dutronc, Kraftwerk, Willy de Ville…) et Andy Scott (Taxi Girl) gèrent la réalisation sonore. On note la participation du guitariste Oli le baron Succès d’estime impossible à transformer car Marie Al Kha Raz lâche alors le groupe !

Ici Paris en 1982

Anicée Alvina entre en scène introduite par Olivier « Le Baron » (The Fanatics, Jean-Louis Aubert, Guesch Patti, Sylvain Sylvain, Jad Wio, Geoffrey Oryema, Le Cercle, Raphaél…) et enregistre un 3e album Maman je n’veux plus aller à l’école. Un flop totalement injuste que raconte Shere Khan : « les maisons de disques cherchent alors des produits très « square », très propres quoi, pour passer dans les radios. En même temps le rock ne passe pas à la radio, il faut que rien ne dépasse, ce qui est le contraire d’Ici Paris. On enregistre en juillet à Ferber, on mixe et on l’amène à Arabella (la maison de disques, Ndlr) qui prennent le master et ils vont faire un mix horrible en Angleterre. Ils voulaient bien sortir notre disque, mais ils préféraient leur version inécoutable avec la caisse claire en écho, ils avaient supprimé des guitares… Enfin, un truc minable quoi ! On a refusé cette version, gardé la notre, mais le disque n’est pas passé en radio et on s’est fait virer tout simplement… »

Peu à peu, le groupe s’essouffle et se met en sommeil en 1987. Shere Khan revient à ses pinceaux et cultive ses talents de peintre. Mais en 2000, Anicée lui demande de remettre le couvert. Le guitariste compose à nouveau. Malheureusement, la maladie emporte la chanteuse avant tout enregistrement.

C’est sa fille, Azadée Faline qui a depuis repris le flambeau entourée de deux jeunes musiciens : Jéronimo à la guitare et Brice à la basse ainsi que des anciens Shere khan à la guitare et Capitaine Mystère à la batterie.

Le groupe multiplie les concerts mais n’a plus de producteur ! Néanmoins, Ici Paris retourne en studio pour enregistrer 15 titres mixés et mastérisés par Jim Diamond (White Stripes, Fleshtones, Bellrays, Tony Truant, Les GrysGrys…). Grâce au « mécénat » des fans – nouveaux et de la première heure – l’album « Ici Paris Circus » sera distribué en juillet 2019.

Fermer le menu