Allo la lune ? Ici Paris !

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Herve Scott Flament alias Shere Khan aujourd’hui – Droit réservé

Ici Paris est plus qu’un journal à scandale ou un morceau d’un groupe Bordelais, c’est aussi le nom d’une des plus belles formation Parisienne. Fondé au début des années 80 le groupe avait tout pour lui : des morceaux splendides, des musiciens au top et une chanteuse charismatique ! Mais comme trop souvent, la formation emmenée par Hervé Scott Flament alias Shere Khan, ne connût pas le succès espéré. Le groupe changea de guitariste, changea de chanteuse (l’actrice Anicée Alvina) et sortit un vrai petit bijou de rock, le hit parfait, « Maman je ne veux plus aller à l’école » et là encore ce fût un échec ! Dépité le groupe se sépara dans l’indifférence quasi générale.

Au début des années 2 000 Shere Khan et Anicée Alvina relancèrent un Ici Paris plus rock et plus brillant que jamais. Mais là encore le destin allait frapper, le décès brutal d’Anicée Alvina allait remettre en cause le retour de ces légendes Parisiennes et c’est Azadée, la fille d’Anicée Alvina, qui allait succéder au micro en amenant avec elle quelques amis qui allaient enfin permettre au groupe de se remettre sur les rails.

Alors que le nouvel album d’Ici Paris, le premier depuis 35 ans, arrive j’ai rencontré Shere Khan quelques jours avant Noel pour quelques explications sur l’étrange carrière d’un groupe qui garde tout son talent et son énergie ! 

Le rock’n’roll est venu quand j’étais môme ! Mon frère aîné aimait les Chaussettes Noires et le premier artiste que j’ai aimé, c’était Johnny Hallyday (rires). Je l’aimais vraiment, mais aussi j’aimais Gene Vincent, mais bon, la première chanson dont j’ai été fan était « Pour moi la vie va commencer ! » (Rires). Ma maman m’avait acheté le 45 tour, une chanson de Jean Jacques Debout, mais une très bonne chanson !

C’est quoi ton premier groupe ?

Mister Strange ! J’avais 13 ans, j’étais en quatrième et avec deux copains du collège on avait été voir Alice Cooper à l’Olympia en 1973. On a monté le groupe dans la foulée… C’était le début (rires) ! J’étais fan des Marvell, d’où le nom.

Tu rencontres assez vite des membres de la Souris Déglinguée ou Henri-Paul des Intouchables ?

En fait, l’un des mecs de Mister Strange faisait une école de photo avec Jean Pierre qui était le guitariste de la Souris. Il l’a fait venir chez moi et puis ils m’ont emmené à une répétition du groupe, près de la place Clichy.

Tu trainais à Paris chez les disquaires comme l’Open Market ?

Non, mais dès que j’ai commencé à aller à Paris pour la musique (je venais de Colombes) je suis allé au Gibus, dès 1977. À la suite de Mister Strange, on avait monté les Curlies. On avait envoyé une cassette aux gens de Shakin’ Street qui nous ont donné rendez-vous à la fac de Jussieu, là où ils répétaient, et ils nous ont aidés à trouver des plans. On les a notamment remplacés une semaine au Gibus en novembre ou décembre 77, c’est même à cette occasion que j’ai rencontré Patrick Eudeline pour le 1ere fois parce qu’on était en concurrence avec Asphalt Jungle pour jouer à la place de Shakin Street mais Patrick n’a pas fait le moindre problème pour que nous assurions les sets toute la semaine… son manager de l’époque Alexis MentalJob qui serait bientôt celui de Taxi Girl, lui, faisait la gueule (rires)

Tu écoutais quoi à l’époque ?

Bowie, Alice Cooper, T Rex, Gary Glitter… Le Glam Rock quoi, que l’on appelait à l’époque le rock décadent. Mais aussi et surtout les New York Dolls, qui a été un groupe très important pour ceux qui sont devenus punk après !

Il y a qui dans les Curlies ?

C’était des gens de mon lycée. J’étais en seconde et j’apprenais la guitare avec un guitariste. On a fait un concert à la MJC de Colombes quand j’étais en première, où on reprenait que les Stones (rires) et puis dès 77, j’ai commencé à composer tout en continuant à jouer avec des gens du lycée !

Et puis ça devient Gare du stade, en hommage à la station de train de Colombes

Oui, à l’époque c’était un quartier très populaire avec des blousons noirs (rires). On traînait là-bas et dès que nous avons commencé à chanter en français, c’est devenu Gare du Stade. C’était un groupe punk, mais comme tout le monde on a été influencé par le rock décadent ! Moi je suis à la guitare, Jeff que j’avais rencontré à Europe 1 par notre manager qui y bossait me demande de venir chanter dedans, et voilà c’était parti !

Quand Jeff part ça devient Ici Paris ?

Non, il part quand moi je pars pour Ici Paris.

Tu rencontres la scène parisienne tout de suite ?

Pas vraiment, on faisait partie de la deuxième vague, celle de fin 77, la première vague avec Métal Urbain ou Asphalt Jungle était là dès 1976. On arrive en même temps que Oberkampf ou la Souris Déglinguée. Ce sont les deux groupes avec lesquels on souvent a joué.

Comment est né Ici Paris ?

Le rock commençait à devenir indé et moi je détestais ça, tout comme aujourd’hui d’ailleurs. Je voulais écrire des chansons énergiques avec des mélodies, du rock’n’roll quoi ! Je me suis cassé de Gare du Stade parce que je ne voulais pas être trop sérieux (rires)

On vous a comparé aux Cramps, comme eux vous aimiez les trucs de séries B, les vieux rock…

Oui totalement, j’adore tout ça !

Bon, Ici Paris se fonde quand ?

En juin 1979 après un dernier concert de Gare du Stade au Gibus. J’avais rencontré Marie (Alcaraz Ndlr) un an avant au Gibus, il y avait aussi Sy Philippe le premier guitariste des Curlies qui amène Dino Lamour le bassiste, puis on passe une annonce dans la presse pour un batteur, c’est Captain Mystère qui vient et avec lui, ça le fait tout de suite !

C’est toujours lui d’ailleurs aujourd’hui !

Oui, c’est toujours le même batteur, comme quoi il faisait vraiment bien l’affaire (rires)

Là c’est le début des répétitions et vous allez faire la BO du film « la brune et moi »

Oui, parce que Philippe Puicouyoul, le réalisateur du film, était un punk de la première heure ! Il avait vu les Curlies au Gibus et depuis il nous suivait. Il venait nous voir en répétition. Il était fan de Sy Philippe et quand on a monté Ici Paris, on lui a dit qu’il était dans le groupe et lui nous a proposé de faire la BO de son film ! Il nous a fait enregistrer à Beaubourg, parce qu’il y bossait. On a enregistré la première chanson d’Ici Paris, et voilà c’était fait !

Ça a aidé le groupe ?

Oui bien sûr, pas pour l’audience du film qui a été assez faible, mais parce qu’on a pu présenter une première maquette. On connaissait les gens de Taxi girl, notamment le batteur Pierre Wolfshon qui nous a présentés à son père, Jacques, qui nous a signés en édition assez vite !

Là, ce sont vos premiers concerts.  

Notre premier gros concert, c’est la première partie de Sham 69 au Palace. C’était grâce à Gaumont Musique avec qui on venait de signer un contrat de production que l’on a fait ce concert !

C’est un public dur celui de Sham 69, loin de votre culture en fait. Un public de Skinheads…

Je connaissais la plupart des Skinheads de l’époque ! La fameuse bande des Halles avec Farid et Pierrot (futur Pierpoljack Ndlr), c’était des gars de Colombes qui venaient au concert de Gare du Stade. Ils étaient contents de nous voir sur scène. Ensuite, on a fait le premier single et puis là, les Ramones écoutent et nous demandent de faire la première partie de leur tournée Française : on a fait Lyon, Montpellier et Paris. On a embrayé sur un maxi avec « la fusée de ton retour » et « Twist à Paris ».

Et puis arrive l’album produit par Maxime Schmitt (producteur de Dutronc, Kraftwerk, Willy de Ville entre autres Ndlr) avec un titre incroyable : « Allô le monde, Ici Paris ».

C’était bien comme titre !

La rumeur prétend que sur l’album, Vincent Palmer de Bijou a fait toutes les guitares à la place de Sy Philippe ?

Oui, Sy Philippe commençait à déconner total, c’était un mec avec plein de problèmes qui a fini par se suicider ! Bref, Maxime (Schmitt le producteur Ndlr) a fait venir Palmer qui a joué sur « Allô le monde » et « Stupide petit garçon », j’ai fait le reste !

C’est un album énorme : on pensait avoir un tube dedans !

Eh non ! Moi, de toute façon, je suis le spécialiste des tubes qui ne marchent pas (Rires) !

Il y avait plein de promotion sur vous : les télés, la presse qui est dithyrambique, des radios… et là, qu’est-ce qui se passe ?

Ben, il y a Marie, voilà ce qu’il y a ! On devait avoir pleins de concerts, une tournée et là Marie pfff….

Ça n’allait pas comme elle voulait ?

Ça ne va jamais comme elle veut ! Elle a fait la même chose dans son groupe d’après « Houlala » : le disque sort et là elle se casse !

C’est gênant !

Ah oui, c’est super gênant (rires), mais c’est son problème principal ! En même temps, Sy Philippe se casse, il est remplacé par le Baron (grand guitariste parisien qui a joué avec Aubert, Jad Wio ou encore Raphaël Ndlr) et là, sur scène, ça tuait vraiment : on était au top ! Mais Marie ne veut pas faire les concerts ! Il faut dire qu’avant, les concerts c’était l’enfer ! Elle était morte de trouille ! Dès qu’elle était sur scène, ça allait, mais avant c’était vraiment dur pour elle : elle était malade !

Elle va accepter quand même la première partie de Mink de Ville à l’Olympia ?

Oui, mais là c’était un plan de Maxime (Schmitt Ndlr), ce n’était pas vraiment notre public, mais bon, moi je suis à l’aise avec tous les publics, il y a peu de temps on a fait la première partie d’une chanteuse de variété, je ne sais plus laquelle, et ça s’est bien passé ! 

Oui vous avez vraiment des chansons qui peuvent plaire à tous !

Moi je ne prends pas au sérieux et je veux plaire à tous. Je veux faire des pop songs, ça me plait ! Je peux jouer devant n’importe qui sans problème !

À l’époque, tu joues aussi dans les Aristochattes, c’est quoi ce groupe où beaucoup de monde est passé ?

C’était un groupe marrant (rires), je pouvais faire le New York Dolls, je m’habillais en gonzesse (rires). C’était normalement un groupe de filles, mais comme il y avait peu de guitaristes fille, ou alors on en connaissait pas, j’ai joué dedans ! (Rires) C’était deux copines de lycées qui avaient monté ce groupe pour rendre hommage à John Lennon dans une soirée spéciale au Rose Bonbon ! Je sortais avec la bassiste, comme je les avais vus en concert et comme le guitariste venait de se barrer (Albert Franck Ndlr) je suis allé jouer avec elle ! C’était rigolo !

C’est alors qu’arrive Anicé Alvina (chanteuse actrice ayant tourné notamment avec Robbe Grillet Ndlr) !

Oui, elle avait acheté l’album : elle était fan, elle voulait me rencontrer pour que je lui écrive des chansons ! Ce qu’elle fait par l’intermédiaire de Claude Pupin qui deviendra notre manager !

Elle voulait faire un projet solo ?

Elle ne savait pas trop : elle voulait chanter ça s’est sûr ! C’était une fan de rock depuis toujours, elle connaissait ça à fond ! Marie venait de refuser notre tournée de l’été 1982. Elle accepte de faire UN concert, dans le métro en novembre 1982 avec tous les groupes de l’époque ! Ça a été notre dernier concert avec elle !

Tu devais lui en vouloir ?

Bien sûr, mais que voulais-tu que je fasse ? Tu ne peux rien faire contre des gens comme ça… Mais dès qu’elle est partie, avec Le Baron on a proposé à Anicée de devenir notre chanteuse : elle était très contente et surtout très motivée !

Et c’est là qu’un samedi soir, vous passez chez Michel Drucker à Champs-Élysées !

Oui (rires), il y avait un téléfilm où jouait Anicée juste après l’émission, et elle devait venir en parler chez lui. Ça reste un bon souvenir, surtout que ce soir-là, on avait soigné le look ! (Rires). Bon, on avait quand même fait pas mal de télé avant avec Marie : les Enfants du Rock, Sabatier…

Et ensuite, vous sortez à la rentrée suivante (en 1983) « Maman je ne veux plus aller à l’école ». On pouvait penser que ce cela aurait été un tube et bizarrement non, pourquoi ?

C’est très simple, je vais t’expliquer : en 1983, les maisons de disques cherchent des produits très « square », très propres quoi, pour passer dans les radios. En même temps le rock ne passe pas à la radio, il faut que rien ne dépasse, ce qui est le contraire d’Ici Paris. On enregistre en juillet à Ferber, on mixe et on l’amène à Arabella (la maison de disques, Ndlr) qui prennent le master et ils vont faire un mix horrible en Angleterre. Ils voulaient bien sortir notre disque, mais ils préféraient leur version inécoutable avec la caisse claire en écho, ils avaient supprimé des guitares… Enfin, un truc minable quoi !

Mais la version qui est sortie c’est laquelle ?

C’est la bonne, la nôtre : on a refusé la leur ! Bien entendu, le disque n’est pas passé en radio et on s’est fait virer tout simplement…

Vous avez fait des concerts avec Anicé Alvina ?

Oui bien sûr, quelques-uns…

Il y aura ensuite un dernier 45t, sur un label qui s’appelle Milkshake.

Oui, là encore ils nous ont fait une merde incroyable et on a refusé qu’il sorte. C’est des mecs qui avaient un studio et qui nous avaient contactés pour faire d’Anicée la nouvelle Madonna (rires). Tu l’aurais connue, tu aurais compris que ce n’était pas vraiment ça (rires) ! Ils se font bien fait recevoir. Anicée comme Azadée aujourd’hui n’était pas quelqu’un à qui on raconte des chars… On a refusé que le truc sorte et donc, on a arrêté en 1987.

Et là, tu deviens peintre ?

Oui, le seul truc que j’ai fait en musique c’est avec Jacques Dutronc. Je jouais de la guitare pour les télés pour « Qui se soucie de nous » et « Opium ». Et après, je ne touche plus une guitare ! Les autres partent de leur côté…

Tu continues à voir Anicée ?

Oui, c’était une grande amie à moi. On se voyait très régulièrement.

Et puis au début des années 2000, Ici Paris renait de ses cendres ?

C’est Anicée qui me tannait pour que l’on reparte. Moi, la musique de ces année-là me faisait horreur : la rock musak version MTV c’est horrible et le rock indé c’est pire : je déteste ça ! C’est tout sauf du rock’n’roll.  C’est très intello, des écrivains qui veulent faire de la musique doublée de marchands de tapis… et le rock’n’roll, ce n’est que de l’instinct, certainement pas intello !

Tu étais écœuré ?

Pour tout de dire, c’est l’époque où je découvre l’Opéra et je n’écoute plus que ça ou presque ! 

????

Ben oui, quand je commence à peindre tous les jours à partir de 1984, je m’aperçois qu’il y a deux opéras par semaine sur France Musique. Je les enregistre et me les repasse !

Donc Anicée…

Oui, elle me tanne pour que l’on refasse du rock et puis un soir, par hasard, à la télé, je vois un concert de « The Kills » et je me dis : « mince, il y a encore du rock ». C’est l’époque où tous ces groupes comme les Kills ou les Détroit Cobras apparaissaient ! Il se passait quelque chose, donc j’ai ressorti ma guitare et on est allé voir The Kills à la Cigale avec Anicée et sa fille Azadée !

Et là qu’est-ce qui se passe ?

Le jour où j’apporte le premier morceau que j’ai composé à Anicée, « il faut choisir son camp », elle apprend qu’elle a un cancer ! Elle mourra six mois après… (silence)

Et finalement… c’est la fille d’Anicée qui va prendre la place de sa mère.  

Oui, ça s’est fait grâce à Jean-Bernard le mari d’Anicée. C’est lui qui m’a conseillé Azadée. Elle faisait un groupe avec un copain à elle, Brice qui a joué ensuite de la basse dans Ici Paris ! Il lui a demandé, c’est une fan de rock’n’roll comme sa mère !

Et donc, de fil en aiguille…  

Le batteur a toujours été là, on ne s’est jamais perdu de vue ! On allait souvent voir Anicée ensemble et lui il est une évidence, on se comprend musicalement sinon je râle et ça finit par marcher ! Attention, j’ai remonté le groupe uniquement parce que j’ai entendu des trucs qui me plaisaient hein !

En ce qui te concerne, tu reprends donc la guitare.  

Oui, Azadé au chant, son copain Brice à la basse… Au début, il y aura le Baron à la deuxième guitare. Le premier concert, on le fera avec lui à la Mécanique Ondulatoire.

Est-ce que le public a répondu ?

Pour être honnête, je ne sais pas vraiment quel est notre public (rires). Pour ce concert, il y aura des gens comme Taï Luc (chanteur de la Souris Déglingué Ndlr), des journalistes…

Tout de suite, vous faites des Scopitones.

Oui, c’est David Vallet qui bosse sur les vidéos des Wampas, et qui a découvert le rock parce que ses parents lui ont acheté quand il avait quatre ou cinq ans « Maman je ne veux plus aller à l’école ». On a mis les morceaux sur Myspace et lui, il a écouté et il s’est dit : « mince ça n’a pas changé ! ». Il me contacte, et voilà !

Vous en avez fait combien ?

Pas mal, huit, je crois…

Vous avez beaucoup tourné ?

Un peu, mais c’est difficile. Il faut dire quand même qu’Azadée et Jeronimo, qui a pris la basse après le départ de Brice, partaient en voyage six mois de l’année : ils bossaient six mois et ils partaient ! Maintenant c’est différent : ils sont là tout le temps ! Bon, maintenant, vu que l’on n’a pas vraiment de maison de disques : les concerts que l’on a, c’est dans les bars ou des petites salles.

Pourtant il y a une scène indépendante où vous pourriez vous inclure ?

On était là avant les indés : pour eux, on n’existe pas !

Pourtant votre album a été réédité ?

Avec la pochette la plus immonde de tous les temps… (rires). Malheureusement, les bandes ne sont pas à nous, c’est à FGL, qui a réédité l’album.

Vous avez sorti des trucs depuis votre reformation ?

Un EP cinq titres, que l’on vend nous même à nos concerts !

En ce moment, beaucoup de groupes se reforment, mais vous avez été là avant cette vague de reformation ?

Oui, mais on ne s’est pas reformé pour faire comme les autres ou suivre une mode, on s’est reformé pour jouer du rock’n’roll, c’est à nouveau possible donc tout est parfait !

Mais vous avez été un groupe important ?

Oui, mais le business nous a balayé ! Ils nous détestaient ! En France, il faut faire les choses sérieusement et surtout faire où on vous dit de faire… Ici Paris c’est tout sauf sérieux ! On n’a pas ce côté « je vais me suicider » ou « je suis un artiste maudit », alors que nous on est vraiment maudit pour le coup (rires) !

Mais ce n’est pas triste qu’un groupe comme vous avec votre passé se retrouve sur internet ? Vous êtes un groupe de disques pas de MP3 ?

Ce n’est pas incompatible : tu peux faire des vinyles et être sur internet. D’ailleurs notre album, celui que l’on va sortir, sera sur les deux formats ! On vit avec notre temps et surtout comme on peut !

Il y a qui dans le groupe maintenant ?

Azadée au chant, Captain Mystére à la batterie, Jeronimo à la basse, Elsa, qui joue aussi avec les Soucoupes Violentes, aux claviers et moi aux guitares

On parle de l’album ?

Il devait sortir en octobre, mais il y a eu du retard, ce sera en début d’année. Il sera superbe : fun, pop, des chansons que tu veux remettre dès qu’elles se termine, dans la lignée de notre premier disque : un futur classique (rires ). Il sera distribué chez les disquaires, le label Aztèque musique, ce sont des anciens de Wagram !

Vous l’avez fait où ?

Les batteries en local de répétition et le reste chez nous !

Je suppose que c’est un album de guitare ?

Oui bien sûr, mais aussi pleins d’instruments comme l’harmonica, le ukulélé, le dulcimer, la mandoline, le theremin, orgue, piano… Il y a le Baron sur certains morceaux. L’album a été mixé par un producteur célèbre : Jim Diamond (White Stripes, The Sonics….ect )!

Tu ne te sentais pas capable de le faire ?

Je ne suis pas technicien et j’ai été trente ans en dehors du business, donc je ne connais plus grand monde qui pourrait m’aider ! Par exemple, je ne sais absolument pas mixer des batteries !

Il s’appellera comment l’album ?

« Ici Paris Circus »

Tu as tout composé ?

Il y a un morceau composé par Azadé et Jeronimo et il y aura « Le ver interplanétaire » (la face B de « Maman je ne veux plus aller à l’école », Ndlr) avec le Baron à la guitare, peut être aussi une nouvelle version de « Maman… ». Il y a 15 titres sur le disque, c’est trop pour un vinyle, mais ce devrait être bon pour un Cd. En tout cas, j’en suis très content !

Quand tu regardes derrière toi, ce groupe, ce passé : tu en es fier, non ?

Oui… Mais c’est à venir ce dont je suis fier. Ça me plait de jouer devant des mômes ! C’est ça qui me plait : de jouer devant tout le monde. Le rock, c’est un truc de jeunes, je veux faire triper les gens.

Enfin, notre dernière question quel disque donnerais-tu à des enfants pour leur faire découvrir la musique ?

Je ne sais pas trop, moi, c’était Elvis Presley… Je dirais des chansons : les Beatles, les Stones… Juste de vraies chansons !

Et Ici Paris bien sûr ?

Oui, à chaque fois que l’on a jouée devant des enfants, ça a bien fonctionné ! De toute façon, le rock s’est un truc de jeunes ! 

Franco Onweb

Article original

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